LGV : les "antis" contestent les études de la SNCF

Les opposants aux projets de ligne à grande vitesse ne désarment pas. Et se servent de la campagne électorale comme d'une caisse de résonance pour leurs arguments.

23/11/2015 à 18:45 par ebourribon

Le Ciron est au coeur de la querelle d'arguments techniques entre la SNCF et les antis LGV.
Le Ciron est au coeur de la querelle d'arguments techniques entre la SNCF et les antis LGV.

Sur le front sud-girondin, les opposants à la LGV n’en sont pas encore à engager la bataille juridique: ils attendront que la déclaration d’intétêt public -DUP- soit prise. En attendant, ils fourbissent leurs armes, mobilisent leur énergie et leurs moyens. Ils s’attachent surtout à faire valoir l’argument qui fondent leur opposition : l’impact écologique du projet.

On n’a pas vu d’experts

Sur ce terrain, les antis visent en particulier à contredire les conclusions des trois études commandées par la SNCF -lire ci-contre- qu’ils jugent « hâtives et non fondées ». Sans contester la compétence des cabinets qui les ont conduites, ils remettent en question la méthode de travail. « A ma connaissance, aucun expert n’a rencontré qui que ce soit sur le terrain » peste Xavier Planty, le président de l’appellation Sauternes. Dans les rangs des opposants à la LGV, on a vite fait de penser que l’affaire était cousue de fil blanc : « On sent la main de la SNCF derrière les conclusions des cabinets d’études » lancent-ils. Forts de cette conviction, les vignerons et les associations -Sepanso et Landes environnement attitude en première ligne- envisagent de faire procéder à de nouvelles études au plus près du terrain. Pour convaincre de leur intérêt, le Sauternais Xavier Planty fait spontanément référence au contexte climatique qui fait la particulier des vins liquoreux du cru : « La machine à brouillard de la vallée du Ciron est un particularisme lié à la rivière et à la configuration géographique du secteur. Comment se satisfaire d’études qui traitent cette question de façon générale? »

D’autres arguments nourrissent déjà le combat des opposants. Les vignerons redoutent des phénomènes de gel là où le projet prévoit de poser la ligne sur un remblai de 2m. Ce sera notamment le cas dans les Graves : « Mécaniquement, le froid s’accumule le long du remblai et menace les vignes voisines. » Témoin de l’inquiétude et de la mobilisation qui montent dans le milieu, le soutien du CIVB et de la CNAOC (1) : la filière se met en marche derrière les vignerons du cru pour défendre leurs appellations et avec elle le principe des AOC.

La nappe polluée ?

Quant à la Sepanso et LEA, elles fondent des inquiétudes sur le sort de la forêt de hêtres -« la plus vielle d’Europe, peut-être même la plus vieille du monde » que la LGV doit approcher à 2km. Sur la base de sondages souterrains réalisés entre Saucats et Cabanac, les associations redoutent que pour la stabilité de l’ouvrage, il soit nécessaire de couler d’immense pieux de béton dans la nappe phréatique. « C’est une eau qui n’a jamais vu la pollution, assure Denise Cassou, présidente de LEA. C’est un crime contre la nature et la santé… »

E. B.

(1) CIVB: conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux. CNAOC: confédération nationales des producteurs de vins à appellations d’origine contrôlée.

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